Ils ouvriront nos lettres, brûleront notre courrier.
Ils liront nos mots et tueront le reste de notre intimité.
Le ciel ne cesse de pleurer, si triste, si bas.
Le ciel s’est drapé d’un bleu acier, Natascha.
Que la peste les prenne, les brûle et les ronge !
Que le diable les emporte, eux et leurs mensonges !
Je voulais t’offrir un bouquet de fleurs, Natascha.
Un bouquet printanier de fleurs et de lilas.
Mais les bourgeons gisent dans les rues de Prague, Natascha,
Écrasés sous les talons des bottes des soldats !
Que la peste les prenne, les brûle et les ronge !
Que le diable les emporte, eux et leurs mensonges !
Après tant de nuits de brouillards et de combats,
Nous avions le cœur plein d’espoir d’un monde meilleur, Natascha.
Ils sont comme les autres, ils nous imposent leur loi !
Faux juges de faux procès, ils ne font que mentir, Natascha !
Que la peste les prenne, les brûle et les ronge !
Que le diable les emporte, eux et leurs mensonges !
Ils vivent de notre sueur, dorment dans notre sang déjà froid.
Faux amis et voyeurs, ils ne cessent de nous trahir, Natascha.
Et d’être là sans ne rien pouvoir faire, sous le ciel si bas.
Contre ce froid qui chasse dans les rues de notre amour, Natascha.
Les feuilles de l’automne de Budapest sont à nouveau là !
Elles s’envolent loin de ce ciel si triste, si bas.
Les feuilles de l’automne de Budapest sont à nouveau là !
Elles n’annoncent que l’hiver pour toi et moi !
Je voulais t’offrir des fleurs de lilas, Natascha.
Sous le ciel de Prague, pour toi et moi.
Je voulais voir les bourgeons s’épanouir, Natascha.
Sous le ciel du monde, de Prague, pour tous les autres, avec tant de joie.
Je voulais t’offrir un bouquet de fleurs du printemps, Natascha.